Onglets

lundi 8 août 2011

Monté comme un cheval

Ce samedi, comme samedi dernier, était dévoué à l'apprentissage de l'équitation. Afin de ne pas oublier les acquis de la semaine dernière, j'ai décidé de remonter rapidement pour progresser encore plus vite. La découverte de cette nouvelle activité me passionne. La communion avec l'animal, si puissant, et cette sensation de maitrise, est grisante. J'en avais parlé Chez Homer, mais j'ai eu envie de dédier un peu plus mon annexe à mes activités personnelles.
C'est donc sous la pluie que nous accédions au Centre Equestre. Heureusement, l'infrastructure possède un manège couvert, et c'est là que je montais en selle sur Gentleman, un Hongre immense à la stature imposante. Il fallait bien ça pour un grand dadet comme moi :-) Ni une, ni deux, mais trois, je repris le rythme du trot qui consiste grossièrement, à donner des coups de reins vers l'avant comme lors d'une position sexuelle très prisée. Sans aucun problème sur ce cheval, alors que Marge supportait tant bien que mal de monter sur Haschich, pauvre bête qu'on forçait à courir alors qu'il tentait désespérément de chier, larguant continuellement des pets disgracieux. Et j'étais derrière.
Bon, à part ça, le trot, c'est une question d'habitude. Quand on a pris le pli, ça va, même si parfois je me laisse surprendre. Le tape-cul remet les idées en place, on se concentre ! Le moment le plus sympa, finalement, ce fut quand le moniteur nous demanda de partir au galop...
Les cavaliers habitués me corrigeront, mais pour le galop, il faut prendre une position d'équilibre sur le cheval: penché un peu vers l'avant, les jambes tendues et les chevilles cassées vers l'arrière. Un coup de talon sur le flanc de la bête et la voilà qui souffle et change sa course. C'est impressionnant. Vraiment. Une sensation de puissance, la tête de l'animal s'abaisse, se relève. On se sent embarqué sur une machine de folie. Et on est parfaitement stable. C'est excellent!
En fait, je commence à prendre goût à cette nouvelle activité. Je prends du plaisir, l'ambiance est excellente et je sens que je progresse (facile, j'avais jamais fait de cheval). Ça deviendrait bien un nouveau hobby...

mardi 28 juin 2011

Je file, ô zophie !

C'est avec enthousiasme que j'ouvrais l'enveloppe des notes. Je venais juste d'obtenir mon Bac, j'éprouvais une réelle satisfaction à l'idée de la page universitaire qui s'ouvrait grand devant moi, vierge de toute ligne, prête à ce que soit écrite une belle histoire. Ma moyenne à l'examen laissait présager de résultats corrects, et ma façon, à l'époque, de voir le monde de façon philosophique m'assurait d'un succès en la matière.

Le papier rassemblait un petit commentaire et un tableau. Ce tableau répertoriait d'abord les matières. La première, évidemment, concernait l'épreuve anticipée de philo... mes yeux se posèrent sur la note: 12. Rien d'étonnant. Malgré la succession de trois professeurs pendant l'année scolaire, je n'avais jamais démérité. J'avais des idées sur tout, j'apportais des arguments constructifs, j'allais au devant du savoir. Descartes, Nietzsche, Lorie: les philosophes n'avaient pas de secret pour moi. J'en étais presqu'un moi-même, la gloire, les plateaux télé et les bouquins vendus à des milliers d'exemplaires post-mortem s'ouvriraient à moi. J'étais jeune, et l'avenir s'annonçait brillant.

Du moins c'est ce que je croyais... jusqu'à apercevoir le chiffre sous la note. Le coefficient. 4. En fait, j'avais eu 3 en philo. Moi.

Quel con.

Pour la petite histoire, pas de panique, j'ai quand même eu le bac malgré ce déboire. J'ai assuré en Eco et je me suis surpris en Maths...

mercredi 16 mars 2011

A bicyclette

J'étais fier sur mon vélo. Un BMX bleu et blanc, le vélo de cross par excellence. Bon, d'accord, ça ne faisait pas longtemps que je savais en faire tout seul, et Papa m'attendait là-bas, au loin, surveillant que je ne me vautre pas lamentablement sur cette petite route qui passe derrière la maison. C'est là que j'ai appris à pédaler tout seul, assez vite pour ne pas tomber. Au départ, Papa tenait ma selle et courait à mes côtés, c'était la « tehon ». Mais aujourd'hui, le soleil brille, Papa est au bout de la rue et moi, je suis un vrai Fangio des bacs à sable sur son vélo. Hop, j'atteins la dernière maison, et je fais demi-tour sans m'arrêter: je file comme le vent !

Il est midi, il faut rentrer manger. Des frites, surement. J'arriiiiiiiive et je freine super fort, le vélo se stabilise et me voilà en équilibre arrêté.... enfin, pas longtemps, parce que je balle dangereusement sur la droite ... et pouf, je tombe comme un gros étron au milieu d'un nid d'orties plus grandes que moi ! On m'avait pas dit qu'il fallait mettre les pieds sur les côtés pour pas tomber !!

Évidemment, je chiale, je ne suis qu'un gamin. Immédiatement, Papa accoure et m'emmène à l'intérieur pour soulager ces piqûres qui font circuler le sang, soi-disant... On tente le vieux remède de grand-mère, on m'étale du vinaigre sur l'intégralité du corps. Ça pue. Et ça marche vraiment moyen-moyen...

mardi 8 mars 2011

Petit bout de papier rose

Il faisait beau en ce jour où je passais mon permis de conduire. J'arrivais à l'heure sur la place de la Gare, où attendaient déjà des jeunes comme moi. Je fus accueilli par le moniteur qui me demanda d'attendre un instant: il devait définir l'ordre de passage avec l'inspecteur. A ce moment là, tu te demandes ce qui est préférable: commencer et soulager son stress, ou passer deuxième et éviter les erreurs potentielles du premier conducteur. Laissant ce choix au hasard, je faisais les cent pas dans le hall de gare. Je passerai deuxième.

En attendant comme ça, l'autre, le "premier conducteur", n'hésitait pas à se vanter: il avait fait Conduite Accompagnée, possédait l'expérience de la Mercedes de Papa... obtenir le permis de conduire n'était qu'une formalité. D'autant qu'il connaissait le coin. Trop facile. Ca tombe bien, il commença. S'installa au volant de la Nouvelle Clio, et partit en vadrouille dans la campagne. Il ne fallut pas cinq minutes pour qu'il prit trop large un virage serré sans visibilité, sur une petite communale, et il se retrouva nez à nez avec une autre voiture ! L'inspecteur pila. L'autre n'aurait pas son permis. Il se gara un peu plus loin et je pris les commandes...
Et je roulais à merveille, totalement à l'aise sur une route que j'avais prise le matin même lors de ma dernière leçon de conduite. Je connaissais le parcours et n'hésitais pas à me le faire confirmer par l'inspecteur à chaque croisement où nous passions en pleine confiance. Nous discutâmes un peu, et il me demanda de retourner au point de départ. J'avais effectué un parcours sympathique, passant par les vallées et les bois, rejoignant la ville et circulant aisément dans les petites rues. L'inspecteur ne me demanda pas de faire de manœuvre. Je me garais le long du trottoir, place de la Gare. Il me demanda de lire la plaque d'une voiture garée devant. Puis il griffa le papier rose, mon sésame. Je venais d'obtenir mon permis.

Et tandis que je m'éloignais, heureux, célébrer ça au bistro du coin (déjà!), je constatais que la signature de cet inspecteur à la barbe blanche se composait de quatre lettres: N O E L. Ça ne s'invente pas, c'est le père Noël qui m'a donné mon permis de conduire !

lundi 14 février 2011

Un autre cap

Il y a des révélations qui sont comme des coups de poignard au sein d'une plaie fraichement refermée. Le genre de choses qu'on nie, qu'on ne veut pas savoir et qui, par une curiosité malsaine, vous jaillit à la figure. Certains ne diront pas le contraire, il est difficile d'oublier une partie de son passé, même si l'avenir s'annonce radieux.

Un nom tapé sur Facebook, un billet qui revient en mémoire et une photo qui s'affiche. Mais cette fois-ci, ce n'est pas elle. Ce sont deux magnifiques enfants. Ils ont les yeux de leur maman. Les oreilles de la famille. Une fille, portrait craché de sa mère. Un garçon, adorable crapule.

Et chez moi, une douleur, là, quelquepart.

Le pire dans tout ça c'est qu'on sait qu'ainsi va la vie. Il y a huit ans, elle me disait encore ne pas vouloir d'enfants. D'autant que la vie de l'autre en était déjà parsemée. Quatre en tout. De deux femmes. Et maintenant, six, j'imagine. Ça remue les souvenirs, ça nourrit les regrets et ravive une certaine nostalgie. Et une certaine colère. Ça rappelle qu'on a été trahi, que tout change et que les personnes qu'on croyait importantes ont tourné la page sur vous, que vous n'étiez que passade et qu'aujourd'hui, elles trouvent le courage d'avancer là où vous hésitez à faire un pas.

Je finis ce billet sur une note positive, malgré tout: de mon côté, j'ai trouvé quelqu'un qui m'occupe pleinement! Pétillante, chiante, énergique, drôle et magnifique, Marge possède les qualités que je ne trouvais pas chez l'autre. Un sourire ravageur, un caractère fort, un cœur gros comme ça. Et elle, simplement, est la lumière qui éclaire mon chemin vers l'avenir.

mardi 8 février 2011

Dans les Vosges (sur un air de vacances)

Je garde un vague souvenir heureux de mes premières vacances d'été en famille. J'étais tout gamin, mes parents avaient loué une maison dans les Vosges. Le cadre était idyllique: une maison sur deux étages, surplombant un grand jardin, au cœur d'un village ancien. Les routes encore à demi pavées, une côte longée de maisons en pierre, et notre petite famille qui s'en allait à la source remplir ses bouteilles. Car dans ce village, on puisait l'eau d'une source naturelle où chacun venait se désaltérer. Un peu plus loin, un vieux lavoir accueillait des dames qui vivaient encore à une autre époque.

Tous ces souvenirs sont encore brumeux. Je me souviens de ces sorties, au fin fond des bois, où mes parents tentaient de nous abandonner... Nan, j'déconne. On allait voir les cascades nichées au creux des rochers, dans la forêt. On faisait des randonnées, à la fraicheur de l'ombre dégagée par les grands arbres, on montait sur ces gigantesques cailloux. Le soir, on prenait le dîner sur la terrasse, puis on allait à la recherche de lézards qui auraient passé la journée à dorer au soleil, sur un des vieux murs du village...

Pinaise, je me rends compte que les choses simples sont celles qui laissent les meilleurs souvenirs. Cette année, je pars en vacances en Crête. Plus sophistiqué, avec des centres d'intérêt différents, plus matures. Ça sera bien. Mais ça ne sera plus jamais pareil.

lundi 7 février 2011

Tout un cinéma

La salle était à l'arrière d'un café, sur la place. Je suivais mon père jusqu'au comptoir, où il échangea quelques mots avec le barman. Dans la pièce, à l'époque, on pouvait fumer, et l'atmosphère était lourde de volutes. Malgré cela, l'ambiance était sympathique, je me rappelle bien la lumière du lieu. Les tables où discutaient des gens, en jouant aux cartes ou sirotant un demi. Le bruit des verres qu'on trinquait, la couleur délavée du carrelage et ces miroirs le long des murs. Puis, nous passâmes à l'arrière et le monde changea:

Une veille salle de cinéma aujourd'hui disparue, des sièges cramoisis faisant face à un écran qui, du haut de mes 8 ans, peut-être, paraissait géant. Une odeur de renfermé, peut-être aussi de pop-corn, et une lumière tamisée, presque inquiétante. Personne dans la salle, si ce n'est mon père, moi et mon frère. On s'installait au milieu, dans l'attente du moment où tout s'obscurcirait, et laisserait place à un moment magique. Le premier film que j'ai vu au cinéma n'aura jamais été effacé dans ma mémoire par tous ceux qui ont suivi depuis. C'était un moment magique, privilégié, merveilleux. On est allé voir un Disney. La Belle et le Clochard.